Le véritable esprit de Noël

Troisième mystère joyeux: la nativité, fruit de ce mystère : l’esprit de pauvreté.

Comment ne pas sentir le contraste qui apparaît entre la méditation de ce beau mystère qu’est la naissance de Notre Sauveur, et la réalité moderne de notre civilisation enivrée par le bruit et l’idolâtrie fétichiste?

Noël, ce n’est plus comme autrefois un jour solennel où l’on se réunissait en famille pour se réjouir de la présence de l’Enfant-Dieu parmi nous, cette période de perpétuation des traditions les plus anciennes de notre civilisation. C’est devenu l’invasion du matérialisme, du Père Noël Yankee et de l’exaltation du profit et de l’orgueil. Mammon peut se réjouir en ce jour où il trônera en maître sur les autels de ses pauvres victimes, au milieu des orgies et des excès en tout genre.

Inspirons nous d’une récollection de l’avent donnée récemment par les capucins de Morgon pour bien préparer la naissance de Dieu sur terre. Réapprenons à penser comme les anciens, comme les saints qui ont façonnés la France, l’Europe et le monde chrétien. Retournons à la source de tous les bienfaits de notre civilisation : le Christ et l’esprit de pauvreté.

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Dieu a tout créé pour nous, et Il nous a créé pour Lui. Le chrétien doit user des biens de ce monde autant qu’ils lui sont utiles pour tendre à la sainteté. Or la sainteté ne consiste en rien d’autre qu’en l’imitation parfaite de Jésus Christ par l’anéantissant total de notre être devant Sa grandeur infinie.

Imiter Jésus Christ c’est donc imiter Dieu même. Et Dieu n’a rien. Étant la plénitude de l’Être le Seigneur ne possède effectivement aucune qualité ni aucun bien puisqu’Il EST toutes les qualités et le Bien même. L’avoir vient combler un manque d’être, mais Dieu n’a besoin de rien, Il ne possède rien, Il EST : « Je suis Celui qui est » Exode 3,14

Plus on est rempli de l’Être de Dieu (source de tout être), moins on a de besoins. Imiter Dieu, c’est donc tendre vers l’esprit de pauvreté le plus absolu: n’avoir besoin de rien d’autre que de Dieu.

 

Adam et Ève sont ainsi nés nus et pauvres en besoins, car ils étaient riches en être. Mais le péché originel, qui est un péché de propriété (ils s’approprient ce qui n’est pas à eux), un péché contre la pauvreté, vient les priver de l’ÊTRE de Dieu et les plonger dans l’abîme de l’AVOIR: désormais tous leurs descendants auront de plus en plus de besoins à combler.

 

Les guerres pour s’approprier les biens d’autrui vont se succéder, les hommes vont abandonner Dieu pour se tourner vers leurs seuls plaisirs charnels. Les passions vont se déchaîner et transformer l’homme en bête sauvage. Le monde ne sera plus que désolation et décadence. Et à la veille du Fiat rédempteur de Marie, comme au temps du déluge, païens et juifs vont se détourner de Dieu pour se tourner vers le culte de leurs vices.

 

C’est alors que Notre Seigneur va s’incarner. Il naîtra pauvre au milieu des bêtes, dans une famille pauvre abandonnée de tous. Il vivra pauvre sans même un foyer à Lui et, victime innocente, mourra pauvre et nu sur une croix qui ne Lui appartient pas, après avoir donné jusqu’à la dernière goutte de Son sang très précieux pour nous racheter de l’esclavage du péché.

Enfin Son amour pour ses créatures le fait se dépouiller totalement sous les apparences du pain et du vin, êtres inanimés, afin d’être consommé par les hommes : « Celui qui mange Ma chair et boit Mon sang demeure en Moi, et Moi en lui», Jean 6,56.

 

Cette délivrance du péché et cette présence permanente du Seigneur parmi les siens va réveiller le zèle des chrétiens : désormais le Malin est démasqué et il va se déchaîner contre les apôtres de la Vérité. Mais cette violence inouïe, loin de semer le désespoir, va au contraire produire des martyrs dont le sang versé engendrera des conversions impressionnantes : « le sang des martyrs esla semence des chrétiens » disait Tertullien. La Justice finit par s’imposer sur l’Europe devenue chrétienne, et particulièrement en France, nation prédestinée par laquelle le Saint Esprit va créer et étendre la plus grande et la plus noble des civilisations : la civilisation catholique.

Une paix relative s’installe alors durant le moyen âge, qui permettra aux âmes inspirées d’exprimer leurs plus belles louanges aux Roi du ciel, par le moyen de la culture, de l’art et de la musique, de l’architecture, de la liturgie, des rapports sociaux et politiques, des sciences, de la justice etc. La société est tout entière mise au service du salut des âmes et de leur élévation vers Dieu.

 

Alors progressivement ses membres vont se ramollir, ils s’éloigneront doucement mais sûrement de leur idéal et retomberont dans un état semblable à celui de leurs ancêtres païens : culte du corps, recherche des plaisirs et des richesses, paresse et culte humaniste.

Nous ne pouvons que constater en regardant le passé que plus la paix s’étend sur la durée plus nous nous précipitons vers la décadence. L’éloignement progressif de Dieu entraîne l’abandon de l’être. Cet abandon créé une multiplicité des besoins et ces besoins tendent à être comblés par une multiplicité de richesses. Cet esprit d’avarice aboutit alors à une multitude de problèmes et à la perte total de notre Souverain Bien. Comme nous le rappelle Saint Ignace dans la méditation des deux étendards, l’Avarice est à l’origine de tous les vices.

 

Le seul remède à ce mal est l’acquisition d’un véritable esprit de pauvreté. La pauvreté, vertu séraphique, nous fait ressembler aux anges en produisant en nous la pureté et la simplicité. Elle nous comble également d’un grand esprit de contemplation: quand une âme avide pose son regard sur un objet elle y voit l’utilité et le profit. Mais une âme remplie de l’esprit de Dieu tel le grand imitateur du Christ Saint François d’Assise, posait un regard si pur sur les créatures qu’il n’y percevait que les reflets du Créateur : toute la création lui chantait le Seigneur.

Voici donc où nous en sommes aujourd’hui. Dans ce monde apostat trahissant son Dieu le jour même de sa naissance et propageant ses erreurs dans tous les cœurs, demeure encore quelques apôtres poursuivant cet idéal de perfection, le regard intérieur tourné vers Dieu seul et mettant toute leur espérance à l’imiter dans le don total de soi-même.

 

Voilà l’idéal à entretenir pour réparer tous les excès commis le jour de Noël par la décadence moderne et l’esclavage de l’homme à Mammon : c’est l’esprit de pauvreté. Celui-ci éteint dans nos âme l’amour du monde pour nous purifier dans l’amour divin.

N’offensons donc plus ce grand Roi d’amour en ce saint jour de la Nativité, mais imitons le dans son dépouillement et aimons le comme Il nous a aimé : offrons lui notre vie toute entière.

Ô mon Dieu et mon Tout, vous êtes l’Être par excellence et je ne suis que néant. Éloignez de moi tous les biens périssables de ce monde de mort et remplissez moi de joie et de reconnaissance pour ce que vous m’avez donné : une immense famille au ciel que je souhaite agrandir de ma famille terrestre pour vous y adorer dans un instant d’éternité.

 

« Prenez Seigneur, ma liberté entière. Voici ma mémoire, mon intelligence, toute ma volonté. Tout ce que je suis, tout ce que je possède, c’est vous qui me lavez donné ; je vous le rend sans rien me réserver, disposez-en selon votre bon plaisir. Donnez moi seulement votre amour et votre grâce ; j’en serai dès lors assez riche, et je ne désire rien d’autre »

Prière de Saint Ignace

Ô Marie, ma Mère et ma Reine, je ne peux terminer ces quelques lignes sans avoir recourt à votre intercession. C’est par vous que le Christ est venu au monde et c’est par vous que nous irons à Lui : ainsi je vous implore, Ô paradis terrestre du nouvel Adam, faites de moi un des apôtres des derniers temps prophétisé par Saint Louis-Marie Grignon de Montfort :

 

« Ils auront dans leur bouche le glaive à deux tranchants de la parole de Dieu ; ils porteront sur leurs épaules l’étendard ensanglanté de la Croix, le crucifix dans la main droite, le chapelet dans la main gauche, les sacrés noms de Jésus et Marie dans leur cœur, et la modestie et la mortification de Jésus-Christ dans toute leur conduite. »

AMEN


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