1e mai, Saint Joseph ouvrier: Le travail par le père Jean Dominique

« Le travail pour le père de famille, représente une difficulté presque quotidienne et qui peut prendre la forme d’un véritable déchirement : c’est la tyrannie du rendement, ce sont les exigences de plus en plus inhumaine d’un système économique contre-nature. Le travail est en effet devenu chez beaucoup, une force centrifuge irrésistible qui expulse l’homme hors du foyer, le faisant abandonner ses devoirs sacrés. Et pourtant, loin de devoir servir à la désagrégation de la famille, le travail de l’homme est voulu par Dieu comme instrument privilégié de sa paternité. Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que Dieu est Père non seulement par la Création mais encore par la Providence. C’est donc dans cet ordre là que le chef de famille doit participer à la paternité de Dieu. Ce qu’il fait principalement par son travail. (…)

On comprendra facilement que le regard du père sur son travail imprime à la famille un caractère particulier. Il ne s’y trouve nulle place pour le travail bâclé, pour le désordre et l’à-peu-près. Le foyer brille au contraire des vertus naturelles d’honnêteté, de persévérance et de discipline. C’est l’amour du travail bien fait et le sérieux de la vie.

Néanmoins, le travail du père de famille n’est pas désintéressé. Au-delà de l’œuvre qu’il produit, il attend un salaire fort légitime, et même nécessaire. Or, là encore, l’état d’esprit du père exercera une influence considérable sur les siens. Quelle impression garderont ses enfants, si les sujets de discussion de la table tournent toujours autour des taux de crédit ou de placement, d’augmentation ou de primes, d’achat ou d’inflation ? Celle que l’argent est le tout de la vie, la seule sécurité pour l’avenir et le critère de valeur des personnes et des choses. Le père de famille devra être convaincu au contraire que si l’argent est bon, c’est uniquement à titre de moyen, pour subvenir aux besoins de la famille, pour aider l’Église et les pauvres. Il n’est pas une fin en soi. Pour être ministre de la Providence et non esclave de Mammon, le père doit être très vigilant, inculquer aux siens l’amour de la pauvreté, réduire ses besoins, se refuser volontairement certaines facilités offertes par la technique, faire l’aumône. Il a en cela un modèle éminent en la personne de Saint Joseph qui, bien qu’ayant tout ce qu’il fallait pour se faire une situation très honorable dans le siècle (il était de race royale et doué d’une prudence remarquable), choisit la pauvreté pour ne pas passer à côté de l’essentiel. (…)

[De plus, à travers son travail, le père] voit sans cesse son épouse, ses enfants et toute la communauté dont il est le chef. Le premier bénéficiaire du travail de l’homme est sa famille. Et non pas seulement la famille dans sa subsistance matérielle, mais dans son âme, dans ses vertus, dans sa mission première qui est l’éducation des enfants.

On comprend par ce point de vue le déséquilibre causé par la situation présente. Car hélas ! Le travail en vient chez beaucoup à ruiner la vie de famille, quand il n’en détruit pas le chef lui-même. Le travail est devenu une marchandise que l’on gère au gré des intérêts, le travailleurs lui-même est devenu une machine. On a réinventé l’esclavage que l’Église avait aboli. L’homme est contraint alors d’avoir deux vies bien cloisonnées, réunies uniquement par le porte-monnaie. Dans la première, il investie le meilleur de son temps, de son esprit et de son énergie : c’est celle du travail. Dans l’autre, il n’est plus qu’un fantôme, rongé par les soucis, harassé et indisponible. C’est la « vie » de famille.

Ce schéma à peine caricatural, montre a contrario la nécessaire subordination du travail au bien total de la famille. On l’avait si bien compris, en temps de chrétienté, que le travail paternel se déroulait le plus souvent dans un cadre familial. L’agriculteur, bien sûr, mais aussi l’artisan et le commerçant, avaient leur atelier ou leur échoppe près de leur habitat. Le travail du père était une œuvre commune : la femme collaborait, à sa place, au labeur de son mari, tandis que les enfants s’initiaient aux vertus au contact de leur père.

[Quand cette situation n’est pas possible ou en cas d’absence prolongée, le chef de familles veillera à ramener fréquemment son cœur au milieu des siens (appelle téléphonique, lettres, etc)]. De retour au foyer ce sera une présence active et prévenante qui s’inquiète des besoins du corps et de l’âme des siens, qui cherche à soulager et à écouter. Le mari parlera à son épouse de ses soucis, de ses projets, des personnes rencontrées. Il intéressera ses enfants, selon leur âge, aux lois de son métier. C’est à ce prix que le travail sera pour l’homme un adjuvant de sa paternité, une réelle participation à la providence qui veut le bien des âmes et des corps.

[Enfin n’oublions pas la dimension religieuse du travail qui est une réparation du péché et qui permet au mari de mériter de nombreuses grâces pour sa famille.]  »

Prère Jean-Dominiue, Le père de famille

 

st jo art


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